Grippe aviaire : C’est Ubu roi…

Confinements, abattage d’oiseaux par millions, interdiction de la chasse, etc. : les saisons se succèdent, et l’application intangible du maudit principe de précaution frappe – toujours et encore. Chaque année,…

Numéro 90 3 min de lecture

Photo Christophe Marmara

Confinements, abattage d’oiseaux par millions, interdiction de la chasse, etc. : les saisons se succèdent, et l’application intangible du maudit principe
de précaution frappe – toujours et encore. Chaque année, la grippe aviaire ‘‘réapparaît’’ ; chaque année, les mêmes mesures resurgissent. Des mesures drastiques, technocratiques, sinon idéologiques – pardon : ‘‘sanitaires’’… Celles-ci ont-elles fait leurs preuves ? Nous allons vous raconter une petite histoire, véridique, et transposable à bien d’autres régions de notre pays. Nous sommes dans un village de l’Orne. La chasse à la hutte a commencé le 21 août ; l’ouverture générale a eu lieu le 25 septembre. Le 9 octobre, dans une basse-cour située aux environs de cette commune, une mortalité anormale d’oiseaux de ferme est détectée. Analyse des 25 poules et 4 dindes, puis verdict : influenza aviaire hautement pathogène. La machine se met en route ; le 14, la préfecture publie un arrêté. Dans unrayon de 10 km, une « zone de surveillance » est établie et, dans un rayon de 3 km, une « zone de protection ». C’est cette dernière qui nous intéresse. Les mesures concernant « les activités cynégétiques » ? Introduction dans le milieu naturel de gibier à plume : interdite. Transport et utilisation des appelants : interdits. Chasse au gibier d’eau : interdite. Et, le meilleur pour la fin : la chasse au gibier à plume, toute plume donc : interdite. Jusqu’à quand ? Que nous puissions prendre notre mal en patience, et pratiquer notre passion dans le strict respect des règles… Réponse : les mesures pourraient être levées, au mieux, dans un délai de 21 jours à compter de la désinfection
de la dernière exploitation touchée (destruction du cheptel, contrôles vétérinaires, etc.). Encore faut-il que d’autres foyers n’apparaissent pas alentour… Le virus ignorant les bornes kilométriques, de tels foyers se sont évidemment déclarés. Un, notamment, à quelques encablures du village ornais, mais dans le département voisin de l’Eure, fin novembre. Rebelotte. Passons sur les détails ; voici l’essentiel : depuis le 14 octobre, et alors que nous sommes en décembre, les interdictions que nous venons d’énumérer sont encore en place dans le périmètre dit de zone de protection – à l’exception, depuis le 24 novembre, des espèces ‘‘non-gibiers d’eau’’, de nouveau chassables mais… hors zones humides, proximité de rivière, etc. La chasse dérangerait les oiseaux et favoriserait la diffusion du virus. La chasse ? Pas celle du poil, curieusement. Questions : depuis quand le fait de ne pas chasser les migrateurs – canards, pigeons, bécasses, grives, etc. – garantit- il ‘‘l’immobilisation’’ de ces oiseaux, surtout sur de si petits secteurs ? Quel sens ces interdictions revêtent-elles, si le ‘‘problème’’ est national, voire international ? Pour les chasseurs, dont nous sommes, qui ne chassent presque que la plume, n’est-il pas injuste de payer un permis pour une saison amputée dans de telles proportions ? Qu’en serait-il si les mêmes mesures devaient, pour d’autres raisons, être appliquées au sujet du
sanglier ? Voudrait-on tuer la chasse du gibier à plume et écœurer un pan de la chasse populaire que l’on ne s’y prendrait pas mieux. Enfin, quid des engagements des instances cynégétiques, et des pouvoirs publics, en la matière ? Il est vrai que Willy Schraen, président de la FNC, a déclaré, en octobre dernier : « Le ministère de l’Agriculture subit de fortes pressions émanant de l’Europe, pour que la chasse soit interdite dans toutes ses pratiques, dès que la maladie apparaît sur un territoire »…

Cet article est extrait du numéro 104

Le chien, l’âme de la chasse

Été 2026 · 156 pages · 14,90 €