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Au vrai, on ne pourra jamais dire que notre ami Jean-Noël Cardoux n’est pas un auteur prolixe. À peine avons-nous laissé le président du groupe Chasse du Sénat avec son Entre Loire et Sologne (voir Jours de Chasse n°86) qu’il récidive avec un petit opuscule sur – évidemment – la chasse, visiblement destiné au monde politique, à quelques jours des présidentielles. Cette fois, il ne s’agit pas de récits mais d’un long plaidoyer – sans complaisance – en faveur de notre passion, remettant les choses à leur place à l’heure où la chasse n’est pas contestée sur sa légalité mais sur sa légitimité. La chasse, écrit-il en substance, ne peut et ne doit pas se résumer à la seule conception environnementale, économique, c’est un plaisir, un mode et une philosophie de vie, et, en dépit de « l’univers chaotique de ce début du XXIe siècle », elle a encore sa place, toute sa place. Et de démonter
bien des anathèmes jetés par nos adversaires. Sa ‘‘cruauté’’ ? C’est oublier que « la nature est elle-même cruelle ». Il nous parle évidemment de la sécurité (chiffres à l’appui), du fameux « partage des territoires » (et de rappeler que « non, la nature n’est pas à tout le monde »). Il évoque sans fard ni tabous « l’artificialisation de la chasse » (avec son assimilation à la seule notion de tir, qu’il s’agisse du lâcher d’oiseaux, des parcs à sangliers…), pour montrer que le monde cynégétique n’ignore rien et agit pour une pratique encore plus éthique. Plus encore, Jean-Noël Cardoux montre que les chasseurs sont des acteurs essentiels de la défense de la biodiversité, une vigie sanitaire, « bien mieux que les naturalistes de salon qui privilégient la parole et l’affichage à la méthode expérimentale ». Il évoque le rôle sociétal de la chasse (avec son brassage des populations), sa part civilisationnelle (qu’il s’agisse de la langue, des Beaux-Arts, de la gastronomie), les questions philosophiques qu’elle soulève, à commencer par notre relation à la mort… Le sénateur espère une chasse apaisée, débarrassée des idéologies et des groupes de pression marginaux. « Le monde de la chasse s’est laissé déborder mais n’assume pas… » Bref, il appelle à être nous-mêmes. Un petit bréviaire à méditer.
La Croix du Loup, 92 pages, 14 €.